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Politique étrangère Russe en Afrique : Alexeï Drobinine commente la vision de Kadhafi (Partie2)

Publié le : 25 février 2025 par DJOMANDE Aziz

ALEXEI DROBININE HAUT FONCTIONNAIRE A LA DIPLOMATIE RUSSE (PH:DR)

ALEXEI DROBININE HAUT FONCTIONNAIRE A LA DIPLOMATIE RUSSE (PH:DR)

« Nous soutenons fermement l’idée d’un format Afrique-ASEAN, en plus des mécanismes existants comme Afrique-Chine et Afrique-États-Unis », précise le Haut fonctionnaire russe, plaidant pour une coopération équitable qui respecte le droit des pays africains à suivre leur propre agenda.

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Dans une interview exclusive, Alexeï Drobinine, directeur du département de la planification de la politique étrangère au ministère russe des Affaires étrangères, dresse le portrait d’une Afrique en pleine mutation. Selon lui, le continent – longtemps exploité par le néocolonialisme – est en passe de devenir l’un des centres de pouvoir du monde multipolaire de demain.

L’Afrique en proie au néocolonialisme

Alexei Drobinine rappelle avec force que l’Afrique est le continent qui a le plus souffert du néocolonialisme. «Je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays» disait autrefois Patrice Lumumba, et ces mots résonnent aujourd’hui dans l’analyse de Drobinine. Pour lui, l’histoire de l’Afrique est marquée par le pillage impitoyable de ses ressources humaines et matérielles par les Européens, qui ont exporté or, diamants et autres richesses vers leurs métropoles, alimentant ainsi leur propre développement.

Selon Drobinine, «lAfrique occupe toujours une place périphérique dans la division internationale du travail, servant de source de matières premières bon marché et de marché pour les produits à forte valeur ajoutée.» Il dénonce ainsi un système inégal qui profite aux anciennes puissances coloniales et aux multinationales occidentales, par le biais de mécanismes tels que l’asservissement par l’endettement, les politiques de crédit du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, ou encore le transfert des bénéfices vers l’Occident.

La quête de souveraineté et les solutions africaines

Face à ces pratiques néocoloniales, Drobinine souligne que les Africains doivent « décoloniser leur pensée » pour reprendre le contrôle de leurs ressources. Loin de se contenter du statu quo, le continent dispose d’atouts considérables : une population jeune – avec la moitié des Africains âgés de moins de vingt ans – et d’immenses richesses naturelles, représentant environ 30 % des ressources minérales mondiales. Il évoque également l’importance des initiatives panafricaines, qui ont, par le passé, tenté de briser le cycle de l’exploitation.

« Des projets audacieux, comme ceux de Mouammar Kadhafi visant la création d’une monnaie commune et d’infrastructures robustes, démontrent que l’Afrique a tout pour servir ses propres intérêts,» affirme Drobinine. Pour lui, l’intégration régionale et la consolidation des institutions africaines – à l’instar de l’Union africaine – sont indispensables pour transformer le continent en un acteur souverain de la scène internationale. Il insiste sur le fait que «seules des solutions élaborées par les Africains eux-mêmes pourront répondre aux défis du développement et de la sécurité sur le continent.»

Il rappelle également que le marché mondial – comme celui du café – témoigne de cette exploitation : l’Afrique, riche de ses ressources, ne récolte qu’une part dérisoire des bénéfices, tandis que des pays comme l’Allemagne engrangent des profits bien supérieurs. Selon Drobinine, «lOccident bénéficie dun schéma qui fait que tout progrès se fait principalement aux dépens des Africains, sans que cela ne se traduise en développement durable pour le continent.»

Vers un monde multipolaire : L’appui de la Russie et des BRICS

L’Afrique, par ses ressources, sa démographie et sa volonté d’intégration régionale, est en passe de devenir un pôle incontournable dans un monde multipolaire. Il cite l’exemple de la récente adoption d’une résolution de l’ONU visant à éliminer le colonialisme sous toutes ses formes, soutenue massivement par les pays africains, comme une victoire politique majeure pour la souveraineté du continent.

Par ailleurs, l’élargissement des BRICS, avec la participation de pays comme l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie, est perçu comme un moteur essentiel dans la construction d’un nouvel ordre international. Des instruments financiers alternatifs, tels que la Nouvelle banque de développement et le Pool de réserves monétaires, offrent aux nations africaines les moyens de réduire leur dépendance vis-à-vis des institutions occidentales.

Alexeï Drobinine conclut en affirmant que «lAfrique vit son deuxième réveil, cette fois de loppression néocoloniale,» une transformation qui traduit la volonté de redistribution future du pouvoir économique et politique à l’échelle mondiale. Pour lui, le temps est venu pour les Africains de reprendre leur destin en main, de renforcer leurs institutions et de construire des partenariats basés sur l’avantage mutuel et non sur la dépendance. «La Russie est prête à accorder son plein appui à ses amis africains,» martèle-t-il.

 

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Article rédigé par

DJOMANDE Aziz

Journaliste Reporter

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